mercredi, 30 novembre 2005

De sable et de caillou...

              

Du gravier il y a au fond de ma gorge.
Telle une gélinotte,
 Je me suis nourri de ces petits grains bordant les chemins.
Cependant je ne savais pas.
Sans avoir lu la posologie, je me suis gavée.
Le torse bombé, le poitrail gonflé,
 J'ai soufflé ma mélodie sur la ville.
Aujourd'hui je me retrouve telle la cigale.
J'ai chanté tout l'automne,
Me souciant guère du demain.
Je me réveille maintenant, triste et songeuse.
Un grand mot long et compliqué du dictionnaire,
Pour pensionnaire au fond de la gorge.
Avalé, engloutit il fut.
En son travers, il s'est coincé.
Même le docteur des mots,
 Ne comprend pas ceux qui m'assaillent.
Muette comme un poisson je suis devenue.
Le tribunal des maux rendra son verdict.
Toges noires et perruques blanches seront aux rendez-vous.
D'un coup de marteau, de mon sort il en sera décidé.
Vite la nouvelle édition du dictionnaire,
Qu'on abolisse ce vilain mot et qu'ainsi ma voix puisse être libérée.
Pensée du jour
Dans la vie, tout est signe. Paulo Coelho
Image du jour
L'homme oiseau, Dali

mardi, 29 novembre 2005

Rien derrière, tout devant!

Un ciel étoilé,

Une question filante à vive allure dans ma cervelle.

Des visages tels des points d'interrogations.

Le sens de ceci ou de cela.

Qui peut bien en détenir la clé?

Ça y est mon voeu est lancé vers le firmament.

J'attends. Je n'entends rien.

Pas de réponse, je ne suis pas prête.

J'ouvre mon âme.

J'observe, je médite et je reçois.

Comment entremêler les mots,

Pour obtenir les phrases que je veux vous dire?

Je pige au hasard dans la pochette.

Des consonnes, des voyelles, elles défilent.

Des couples se font et se défont.

On se masse, on s'attroupe, on se défait et on divorce.

On s'abrutit, on s'ignore.

Mais on renaît toujours.....

 

Pensée du jour

De choses répandues au hasard, le plus bel ordre, l'ordre du monde.
Héraclite

Image du jour

Terrasse du café le soir, Place du forum                                                                                   Vangogh

 

 

 

lundi, 28 novembre 2005

Elle suit toujours sa route...

 

L'espace d'un moment,
Son coeur s'est arrêté de battre.

Plus de tic tac, plus de temps.

Les minutes et les secondes ne comptent plus.

Figé dans la transparence.

Un ailleurs, inconnu d'ici.

Qu'y a-t-elle vu?

Qu'a-t-elle ressentie?

Nul ne le sait.

D'un cinq minutes à l'autre,

Cela pourrait être l'infini.

Un tour de cadran à cloche pied,

L'étendue est si vaste.

Pourquoi en être revenue?

Dix-huit heures cinq,

Que cela représente-t-il?

La mort, la naissance, l'essoufflement?

Un simple répit d'un vieux cadran,

D'une montre folle,

Ayant parcouru des milliers de secondes.

La mienne.

Faudra lui changer sa pile!

 

Pensée du jour

Le chaos est rempli d'espoir parce qu'il annonce une renaissance.                                        Coline Serreau                                                                               

Image du jour

Montre molle au moment                                                                                                                      Dali

 

dimanche, 27 novembre 2005

Le souffle de l'ange

 

Pensée pure, pensée secrète.

Un noyau déposé au fond d'une boîte.

Une image est née, une idée à germée.

De saines réflexions je l'ai bercé.

De foi, d'espoir et de croyances je l'ai enlacé.

De l'avant, un petit pas devant.

La tête haute, croyant en moi.

Un rêve est né.

Au bout de soi un trésor.

Au fond de moi, un mystère.

Une fois résolu les deux ne font qu'un.

La vie, ce cadeau auquel je crois.

Et moi, cet autre que je découvre et qui me surprend de jour en jour.

J'ouvre ma boîte, et je regarde cette longue tige qui s'envole vers les cieux.

Elle s'éveille.

Chacune de ses branches, un obstacle.

Chacun de ses noeuds, une révélation.

Une réponse à chaque pas.

La confiance qui s'installe au rythme de ma mesure.

Je suis le temps.

Je décide vers où j'irai.

Prendre conscience de ce potentiel.

De ma main je te touche.

De mes yeux je verrai....

Ce que j'ai toujours porté en moi.

Ce que j'ai toujours su.

J'y crois.

 

Pensée du jour

Vivre, c'est naître lentement. Il serait un peu trop aisé d'emprunter des âmes toutes faites !
Antoine De St-Exupéry

Image du jour
VanGogh

samedi, 26 novembre 2005

Délirium!

 

Je n'arrive plus à enligner les mots un devant l'autre.

Je pense une chose, une autre est dite.

Que m'arrive-t-il, je perds le contrôle.

J'ai mal, ma tête veut éclater.

Tout n'est que brouillard, je ne discerne que des formes.

Cesser de bouger, vous m'étourdissez.

Partez, quitter mon corps, je ne vous ai rien demandé.

Je vais vomir, rejeter au sol la moindre parcelle de vie qui me reste.

Je ne vois plus rien, j'ai mal.

Je rampe au sol tel un animal en quête de je ne sais trop quoi.

Qu'on éteigne les lumières, qu'on ferme la musique.

Taisez-vous!

J'en peu plus.

Ce qui me tient lieu de corps vacille, ne sait plus où il va.

Je ne sais plus où je suis.

La douleur est atroce.

Je veux travailler, je ne peux pas.

C'est arrivé sournoisement.

Je devrai souffrir en silence et attendre.

On dit que le temps arrange les choses.

Patience, ma migraine partira aussi...

 

Pensée du jour

Ne crains pas d'avancer lentement, crains seulement de t'arrêter.
Sagesse Chinoise
Image du jour
The Day after 1894-5
Edvard Munch

vendredi, 25 novembre 2005

C'est à notre tour....

 

    Il y a des hauts et des bas ainsi va la vie.  Et parfois elle vous offre de si belles récompenses qui viennent atténuer, mettre un baume sur les jours plus gris.  Aujourd'hui est pour moi l'une de ces journées exceptionnelles.  Tempête de neige, départ pour St-Jacques dans Lanaudière, circulation dense, beaucoup de neige, les conducteurs sont nerveux et moi je suis pressée car j'ai encore des rendez-vous chez le médecin.  Mon trajet se passe bien, À mon arrivée à destination les gens sont sympathiques, ils ont même deux chats adorables.  J'en ai installé un sur moi pendant que je donnais mes informations à mes clients.  Au retour je décide de prendre mes messages à la maison.  Vous avez un nouveau message!

C'est comme une enveloppe dans ma boîte aux lettres j'en suis toujours bien excitée, grande curieuse que je suis.  J'écoute Mme N.....vous avez gagnez un certificat cadeau de bla bla bla.....Je vous explique: ma mère retraitée bien active ne cesse de nous inscrire sa famille et moi à de merveilleux concours.  Et nous gagnons et oui:-) Puisque nous y croyons. De petites choses, de grandes merveilles, d'agréables surprises.  Mais aujourd'hui c'est le gros lot que j'ai remporté.  Le nirvana sur un plateau d'or.

J'ai un rêve depuis fort longtemps.  Lorsque mon fils était petit et qu'ensemble nous regardions son émission favorite de l'époque dite "Caillou" il y avait un épisode où Caillou prenait l'avion avec ses parents.  Emile et moi regardions l'émission avec de grands yeux emplis d'excitation à l'idée de se faire servir un repas du haut des airs, d'observer les nuages et de compter tous les moutons qu'ils contiennent.  En fait j'ai toujours rêvé de partir avec mon grand bonhomme que j'adore faire un voyage en avion.  Ce serait le plus bel instant de ma vie. Celui de voir la magie dans ses petits yeux devenus si grands de surprises.  J'en ai presque les larmes aux yeux à vous raconter mon rêve.

Bien aujourd'hui on a déroulé le tapis rouge pour fiston et moi. On part en voyage.  Nous avons gagné un certificat cadeau de quelques milliers de dollars applicable à l'achat d'un voyage de notre choix, histoire de se payer à tous deux, notre aller retour sur une plage dorée du sud. Y faire de magnifiques châteaux forts, partir à la recherche des étoiles de mers et nous rapporter des tonnes de coquillage avec une histoire différente pour chacun.

J'ai appelé Milou c'est son petit surnom, et je lui ai dit, assied toi mon ange, maman a une très bonne nouvelle pour toi.  Et je lui ai rappelé cette émission de Caillou et il s'est mis à crier de joie.  Nous partons en avion et j'ai dit OUIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!!!!!! Je le sentais si heureux, si énervé et si content, si fébrile et si joyeux.  Et moi je venais de décrocher la lune et j'en reviens toujours pas.  Je pars en voyage avec mon petit homme.  Celui que j'adore, celui que j'ai porté dans mon ventre, que j'aimé depuis le tout début.  Mon petit comédien de toujours, mon farceur, mon coquin, maintenant mon guitariste....Il a du talent le petit vlimeux!  Je vous en reparlerai.  Cet enfant je l'aime d'un coeur de mère et je voulais lui offrir ce cadeau.  Cette complicité de partir avec nos valises sous les bras, à l'aventure, vers de nouveaux horizons et d'ainsi scellé dans nos boîtes à mémoires d'inoubliables souvenirs.

Merci maman pour cette inscription, merci la vie de si bien faire les choses....Et merci mon grand pour chaque matin où je me réveille et auquel tu donnes un sens à ma vie. Celui de t'offrir le meilleur de moi-même et de t'aider dans ta découverte de cette vie si magnifique.  Ouvre les yeux et tu verras.

Je t'aime Emile!  /  Ta maman xox

 

Pensée du jour

Combien généreuse est la vie pour l'homme, mais combien l'homme se tient éloigné de la vie !
Khalil Gibran
Image du jour
Wheatfileds, thunder clouds Auvers
Van gogh

jeudi, 24 novembre 2005

Reprise d'un quotidien...


                   Je me suis momentanément perdue dans une histoire qui n'aurait jamais dû commencer mais bon.  J'imagine qu'il y avait une raison.  Un apprentissage à faire sûrement.  La vie c'est une école non?  Après coup on se rend compte que nous ne sommes pas tous rendu au même point dans nos vies.  Pour certains le ménage est fait, on sait ce que l'on désire et vers où l'on veut aller pour d'autres, ils croient savoir....mais ne sont pas prêt.  Certaines personnes ont si peur d'être seules qu'ils ou elles s'engagent d'une relation à l'autre sans faire le point, reprendre leur souffle.  Ils vous offrent sur un plateau d'argent une partie de vos rêves, bien trop vite parfois....Et anguille sous roche il y a.

 Analyser vraiment ce qu'on veut ou pas dans nos vies, c'est important de savoir le faire. Apprivoiser un quotidien, la solitude. Je me suis encore fait avoir avec ce genre de personnage mais je pense être immunisée maintenant.  Je retourne à mon petit quotidien où je n'attends personne.  Ma musique, mon écriture, mes ami(es).  Mon ménage il est fait depuis si longtemps.  Y'a longtemps que j'ai lâché les toilettes pour le faire dans ma tête!...... De toute façon j'ai eu un appel de la délégation des soeurs cloîtrée de ma région, j'ai donné mon nom on verra bien si elle m'accepte ou pas.

Aujourd'hui je suis allée chez le médecin, j'attendais des résultats....Pas très bons mais... "Cellules précancéreuses" Arrggg ça fait frémir mais semble-t-il qu'il faut pas s'en faire, on a tout notre temps pour traiter qu'elle m'a dit.  Je devrai donc rencontrer le spécialiste, m'étendre sous tout mon long et me faire examiner l'intérieur.  Des heures de plaisirs.....Pas facile d'être une femme parfois. Think positif ostie!

Au retour à la maison entre une larme de stress, de déception, de rage, de hargne, d'incompréhension, je me suis dit faut que j'aille visiter ma grand-mère.  Celle qui est toujours vivante, la mère de mon père que je connais si peu mais que j'admire tant.  Je l'ai vu il y a plus d'un an sur son lit d'hôpital.  Les os tous fracturés par l'ostéoporose, pas de chute rien qu'un mauvais mouvement.  La hanche cassée et aujourd'hui elle me reçoit sur ses deux jambes au seuil de sa porte.  Faut que je vous dise que grand-maman est presque aveugle, elle a des loupes dans la maison qui pourraient en impressionner plusieurs.  C'est une artiste, elle fait de si jolies choses de ses mains. Elle a des plantes si belles, si vivantes et elle....un caractère wow!  Pour une femme de 88 ans elle m'impressionne.  L'an dernier à l'hôpital malgré la situation elle me faisait tant rire par son attitude.  Elle n'avale aucune pilule si on ne lui explique pas le pourquoi du pourquoi.  Elle me répétait l'histoire justement aujourd'hui.  S'ils pensent me faire prendre des médicaments tout écrasés dans de la purée de fruits ils peuvent aller voir ailleurs. (Elle a pas dit ça mais ça voulait quand même dire ça).  Pourquoi tout le monde pense que lorsqu'on est vieux on devient sénile et idiot me disait-elle?  En plus du caractère, elle est fonceuse ma mamie.  La maladie pfitt y'a rien là.  Faut juste être plus fort qu'elle.  Lorsqu'on commence à s'inquiéter elle prend le dessus.  Soyons donc positifs, ne nous laissons pas abattre et nous gagnerons.  Merci grand-maman! J'en prends de la graine.  On a parlé des chers hommes, qui ne savent pas ce qu'ils veulent, elle en avait aussi des histoires a me raconté.  Elle m'a dit prend soin de toi et garde ta liberté c'est ton plus grand trésor.

Oui et ce soir....(puisque je vous écrit la veille) me revoilà au clavier à vous déballer mon quotidien. Merci à Pierre qui me demandait à quand mon retour. Alors me revoilà! Et merci à mes ami(es) d'être ce qu'ils sont avec leurs paroles justes, celles qui me font rires, et dédramatisent les situations les plus ignobles qui soient.  Je vous adore!  Je vous donne rendez-vous demain, soyez-y!

 

Pensée du jour

Nous avons une raison de vivre : apprendre, découvrir, être libres !                                             Richard Bach

Image du jour

Nuda Veritas (1899)                                                                                                                            Klimt

dimanche, 13 novembre 2005

Je n'ai jamais cessé d'y croire

 

Quelque part au plus profond de mon coeur,

Un rêve je chéri, un instant magique.

Combien de fois je me le suis imaginé.

Utilisant pinceaux et couleurs,

Dans ma tête j'avais peint un tableau.

De tendresse et de douceur il était gorgé.

Respect, bonheur et amour en émanait.

Jamais je n'ai cessé d'y croire.

Chaque matin au réveil, mon corps tout entier lui souriait, lui tendait la main.

Attendant avec impatience le jour de son arrivée.

Mais il fallait être prêt.

Avoir traverser tempêtes, foudre, joies et peines, allant toujours de l'avant.

Observer, comprendre et savoir défier le temps.

Ne jamais abandonner.

Mon rêve était perché sur son croissant de lune.

De la haut se balançant allègrement, veillant sur moi.

De son sourire narquois il s'est bien moqué parfois.

Mais toujours, lui aussi savait que ce moment approchait.

Ce jour où lorsque nos regards se croiseraient,

Une bulle de lumière descendrait du ciel.

Vers lui et moi, nous unissant pour une première fois.

Nous offrant ce cadeau, celui dont nous avions rêvé si fort.

Nos deux âmes se retrouvaient enfin.

Ensemble, ils débutaient un nouveau voyage.

 

Pensée du jour

Tout vient à point à qui sait attendre.                                                                                        Clément Marot

Image du jour
Nuit étoilée sur le Rhône
VanGogh

 

 

 

 

jeudi, 10 novembre 2005

10 minutes trop tard!

J'ai trimbalé mon corps et mon véhicule dans nos campagnes aujourd'hui.  Je devais visiter un de mes patients à son domicile.  C'est toujours un plaisir pour moi de partir sur l'autoroute, à l'aventure, loin de la ville. Seule au volant, maître à bord.  Je contrôle ma vitesse, ma musique, mes émotions, le chauffage et j'observe.  Les magnifiques champs de blé, ou du moins ce qu'il en reste.  Dans la région de Lanaudière ils ont été rasés.  On en voit que les vestiges qui, nous rappellent, que l'automne est bien installé.  J'irais même jusqu'à dire que l'hiver est à nos portes. Je m'étais renseigné avant de partir, mon client m'ayant dit que non il n'y avait pas d'amoncellement de neige, pas encore hourra!  La route est longue, pleines de jolies couleurs.  Des envolées d'oiseaux, quelques véhicules qui circulent vers le nord, le sud, tantôt l'ouest puis à l'est. On a le choix en fait.  Chacune de ces destinations nous apportera des surprises.  On ne le sait pas avant d'y aller. On ne le sait jamais.  On n'y pense pas de toute façon, trop préoccupé de se rendre au point B, la majorité des gens oublient ce qu'il y a entre le A et le B. Mais moi je trouve tellement savoureux tout ce qui nous sépare de notre destination. C'est parfois même plus excitant de s'y rendre que d'y être. Pensez-y un peu.

En fait ce que je veux vous raconter c'est mon retour vers Montréal.  Je quittais St-Jean de Matha pour revenir dans un monde bien différent, j'ai nommé la grande ville.  J'étais sur l'autoroute et un énergumène bien pressé me collait aux fesses.  J'avoue que j'ai parfois l'habitude d'agir ainsi, mais aujourd'hui dans ce décor féerique et enchanteur je n'avais surtout pas envie de faire d'excès de vitesse.  Alors mon personnage qui se rapprochait de plus en plus rapidement et de très près je vous avoue.  Je le voyais franchement très bien dans mon rétroviseur. Et pas besoin d'une paire de lunette je vous assure.  C'était zone de 90 km/h et je roulais à 80 km/h.  J'aurais pu accéléré mais j'en avais pas envie.  Je lui ai dit, passe donc à côté.  Malheureusement pour lui, nous n'étions pas en zone de dépassement. Alors vous aurez deviné, il rageait. Il rugissait j'en suis certaine. J'ai même cru entendre quelques grognements.

Alors il continue de frôler mon derrière, et ça n'a rien d'excitant. Moi, je continue de chanter et de m'émerveiller pour voir apparaître au loin un bouchon de circulation.  Je vous rappelle que nous sommes sur la 131 en provenance d'un petit village de campagne.  Si je dis plusieurs voitures d'arrêtées c'est qu'il se passe quelque chose.  Nous ralentissons, et lui aussi derrière moi, il a pas le choix, je suis devant lui, encore à son grand malheur.  Il y a devant nous un énorme accident.  Mon homme sort de son véhicule me regarde avec des yeux d'une telle férocité. J'ai presque osé descendre ma fenêtre pour lui dire " Hey jeune homme à la vitesse où tu roulais tu aurais pu y être toi aussi" Mais comme je ne savais pas s'il avait en sa possession une batte de baseball je me suis abstenue.  Je n'aime pas trop la violence gratuite. J'aime bien provoquer mais pas  ce genre de situation. Mais je vous jure, en vous racontant l'histoire je peux encore très bien voir toute la frustration dans son regard.

Il y donc pompiers, policiers, ambulancier, curieux et voitures toutes écrabouillées, sur le dos dans le ravin.  Plus j'avance et plus de véhicules impliqués il y a. D'autres ambulances approchent.  J'entends les sirènes. Ce n'est pas du joli tout ça. C'est même bien triste.

J'ai eu un choc, j'ai franchement réfléchi un instant à ma vie, sa pertinence. Toutes les fois où l'on se dit, j'en ai marre, c'est trop difficile.  Aujourd'hui j'ai eu pour réflexion: mon heure n'était pas arrivée. Merci mon dieu. Je suis très heureuse d'être en santé et bien vivante.

Ouf! Si je n'avais pas été au petit coin avant de quitter mon patient, si nous n'avions pas parler des chevreuils qui vagabondent dans les environs.  Peut-être que je ne serais pas ici en train de vous écrire...

 

Pensée du jour

Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n'y a pas de signalisation.
Ernest Hemingway

Image du jour

Springtime Landscape with red house                                                                                            Edvar Munch

mercredi, 09 novembre 2005

J'ai toujours voulu te dire...

Quand je suis entrée en contact avec le monde, tu n'étais pas là.

Du gros ballon dont je suis sortie, il n'y avait pas de traces de toi.

Mon premier souffle à la vie, mon premier cri je l'ai lancé dans un appel à une reconnaissance.

Jamais tu ne l'as entendu.

Je croyais te retrouver dans ce monde, dans cette vie, mais on n'y est pas parvenu.

Tu étais trop loin, absent, quelque part, un ailleurs que je ne connaîtrai jamais.

Aucunement tu n'as daigné me répondre.

C'est ce que j'ai perçu.

Tes oreilles étaient voilées par le temps, une autre époque.

Un mystère, des idéaux à atteindre dont je ne faisais pas partie qui sait.

Le soleil a brillé presque tous les jours depuis.

Je lui demandé d'agir ainsi, j'avais grandement besoin de lui.

Il est devenu mon ami, mon comparse.

La petite fille a découvert le monde.

Ses yeux grands ouverts devenus,

Elle s'est enrichie de connaissances, de sentiments, de trésors.

Une aile brisée en fardeau tel un héritage.

J'ai vieilli et me suis longtemps demandé tant de pourquoi.

Un matin j'ai compris.

Tu n'avais peut-être tout simplement pas envie de moi.

J'ai en mémoire quelques souvenirs, que je traîne avec moi dans mon baluchon d'or.

Il y en a peu, mais ils sont précieux.

Je les garde sur mon coeur, comme une petite fille le ferait.

Bien courte fut ta présence dans ma vie.

Si peu que je me suis toujours dit.

Je te remercie pour ces poussières d'ange sur ma tête.

Tu as sûrement fait ce que tu pouvais avec ce que tu savais.

J'ai grandit avec un grand trou dans mon coeur.

J'en ai cherché des vielles gommes à mâcher pour calfeutrer la faille.

J'ai parfois réussi, ne t'en fais pas.

Aujourd'hui, encore absent tu es.

Je crois que toi et moi, nous n'avons pas réussi à nous comprendre.

Je te ressemble quand même tu sais!

De tous les morceaux qui composent mon casse-tête,

 Plusieurs me viennent de toi, et je le réalise aujourd'hui.

Ça fait tout drôle. C'est mon legs, de toi à moi.

Tu m'as offert sans le savoir, le plaisir de tant de petites choses.

Merci pour l'émerveillement, l'amour de la nature, le caractère peut-être.

Merci aussi pour ce grand trou noir.

Il m'a permit de chercher, chercher encore et trouver qui je suis.

On a bien essayé de se revoir, de se parler.

Je ne me suis pas sentie comprise.

J'ai préféré me retirer.

J'ai été blessée et je le suis encore un peu.

Tu peux partir, je te laisse aller.

Je coupe le ruban.

De toute façon, à quoi bon.

J'espère que tu vas bien, que tu es heureux sur ton croissant de lune.

Tu sais je suis ce que je suis et j'en suis bien fière.

J'aurais aimé que tu puisses voir ça.

Aujourd'hui je dépose mes ailes brisées.

Une nouvelle paire m'attendait et je ne l'avais pas encore réalisé.

On se reverra peut-être un de ces jours.

Dans cette vie ci, dans une autre ou bien au paradis.

Un papillon prend son envol.

Je te donne ta liberté.

Mon père, je le connais si peu!

 

Pensée du jour

Tout ce qui ne tue pas nous fait grandir.                                                                                          Graf Durkheim

Image du jour
Nymphe des eaux
Juliette Beaudroit

 

 

 

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